UNPI Val de LoireA l’occasion du second tour des élections municipales de la ville de Tours, où le logement ne semble pas avoir été une priorité, la chambre UNPI Val de Loire a souhaité inventorier les principales propositions des candidats sur le volet immobilier au sens large, afin de pouvoir donner son avis. Sans parti pris ni idéologie, notre association qui se veut apolitique entend non seulement apporter sa contribution au débat mais aussi manifester sa colère sur la maltraitance subit par les propriétaires en France.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
C’est une excellente proposition mais qui peut s’avérer illusoire depuis la disparition de la taxe d’habitation qu’il s’agit désormais de compenser. La taxe foncière a augmenté de plus de 25 % à Tours sur 5 ans et d’environ 20 % en moyenne en France sur la même période.
Pour l’UNPI Val de Loire, la création d’une deuxième ligne de tramway ne ferait qu’aggraver l'augmentation des impôts locaux, surtout avec un déficit d’exploitation prévisionnel de 200 M€ qui serait compensé par une nouvelle « taxe foncière métropolitaine », en pénalisant pendant le chantier la circulation de la ville et l’activité des commerces déjà mal en point. L’UNPI Val de Loire est pourtant favorable à un développement d’une deuxième ligne mais dans une période plus favorable, et après avoir exploré d’autres solutions de transport collectif moins onéreuses ainsi qu’un plan de circulation plus fluide.
Pour notre Fédération, il faudrait aussi revoir, sur le plan national, la fiscalité locale et notamment pouvoir re-facturer une quote-part à l’occupant d’un bien en tant que bénéficiaire des services et équipements municipaux. A défaut, pourquoi ne pas instaurer une nouvelle « taxe citoyenne » qui viendrait remplacer la taxe foncière et qui serait plus équitablement répartie entre les propriétaires et les locataires en fonction de leur participation à la vie locale ?
L’avis de L’UNPI Val de Loire
Cette proposition serait inefficace et contre-productive. En effet, les données les plus récentes confirment l’échec de l’encadrement des loyers. L’étude CLAMEUR, publiée le 18 novembre dernier, portant sur plus de 11 millions de baux, montre que le dispositif n’a aucun effet sur les loyers, mais provoque une contraction de l’offre locative, alimentée par la défiance croissante des investisseurs.
En dix ans, les loyers n’ont augmenté que de 8, 7 %, contre 19, 9 % d’inflation sur la même période : ce ne sont donc pas les loyers, mais les charges courantes (électricité, gaz…) qui tirent les prix vers le haut. Les bailleurs ne peuvent être tenus pour responsables de phénomènes économiques qui les affectent eux-mêmes. Plutôt que d’encadrer les loyers, l’UNPI considère qu’il faut favoriser un développement de l’offre et aider les locataires à devenir propriétaires. A Tours, le marché immobilier n’est pas tendu et toute tentative d’encadrement ne serait pas justifiée.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
Cette proposition est inacceptable car la liberté contractuelle doit présider en matière commerciale. Toutes formes d’interventionnisme auraient pour effet de remettre en cause l’équilibre des contrats, de faire naître des contentieux à l’occasion des renouvellements de baux et surtout de faire fuir les investisseurs. Le vrai problème n’est pas le niveau des loyers mais le niveau de l’activité commerciale. Or, les contraintes imposées aux commerçants, notamment avec des plans de circulation contraignants et la limitation des véhicules en ville, accélèrent le déplacement du commerce vers l’agglomération… Avec la vacance commerciale qui s’aggrave, les propriétaires sont obligés de baisser leurs loyers. Tours avait la réputation d’être une ville référente sur le plan commercial. Elle finit par ne plus avoir la même attractivité et n’apparaît même plus dans le classement des villes où il fait bon vivre contrairement à Angers.
Pour l’UNPI Val de Loire, il est aussi dommage que l’enjeux de la rénovation des Halles de Tours n’ait pas été suffisamment évoqué durant la campagne alors que cette place pourrait devenir un poumon pour redynamiser le commerce en cœur de ville.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
C’est une mesure démagogique car Tours n’est pas un marché spéculatif. Les propriétaires des murs sont parfois d’anciens commerçants à la retraite et certainement pas des spéculateurs. L’intervention d’un fond aggraverait la situation des investisseurs qui finiraient par se désengager. Plutôt que de vouloir subventionner les petites commerces, l’UNPI considère qu’il faudrait surtout leur permettre des conditions d’exercice optimales, en développant notamment plus d’animations commerciales majeures (comme la braderie) et en accordant de vraies facilités de stationnement à leurs clients.
L’UNPI Val de Loire espère que la politique de stationnement, d’aménagement de pistes cyclables et de piétonnisation de la ville de Tours pourra évoluer car l’attractivité commerciale en pâtit avec une vacance qui ne cesse de s’aggraver au profit de l’e-commerce et des zones commerciales. L’Avenue de Grammont et la rue Marceau sont l’expression même de ce constat et de ses conséquences…
Selon la récente étude de la FACT (Fédération des Acteurs du Commerce et des Territoires), 37 % des villes sont parvenues à réduire la vacance entre 2019 et 2024 dès lors qu’elles mettent en œuvre certains leviers : embellissement et mise en valeur du patrimoine, politique de stationnement et d’accessibilité équilibrée, attention portée au parcours marchand (propreté, sécurité, aménagement urbain), retour d’activités tertiaires et d’habitants, rôle moteur de la culture, de l’événementiel, du sport, capacité de la ville à exercer son rôle de centralité sur son territoire intercommunal.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
Il faut préserver du foncier pour les équipements publics mais laisser suffisamment de droits à construire au privé pour régénérer le marché qui garantit un équilibre entre l’offre et de la demande ainsi qu’une stabilité des prix. Entre les effets du ZAN (Zéro Artificialisation Net) et des politiques de restriction de l’offre du foncier, la métropole pourrait subir une décroissance de sa population et un déclin de son économie, ce qui affecterait le marché de l’immobilier…
Selon l’UNPI Val de Loire, la métropole perd aussi de son attractivité culturelle et sportive du fait de l’absence d’une grande salle multifonction à l’instar de celle d’Orleans qui monopolise désormais tous les grands événements régionaux de par sa capacité d’accueil.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
Le renforcement de l’offre de logements doit être réparti entre les opérateurs publics et privés sans idéologie. Trop d’interventionnisme produirait des effets contraires aux objectifs envisagés. Pour l’UNPI Val de Loire, il est nécessaire de garantir une offre de logements sociaux et intermédiaires cohérente mais sans déstabiliser le marché libre en le concurrençant alors que ce dernier est constitué majoritairement de locataires éligibles au parc social.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
C’est une bonne proposition mais qui suppose de ne pas décourager les opérateurs et les investisseurs privés. Pour ce faire, il faudrait que la municipalité soit plus facilitante dans l’obtention des permis de construire et que les propriétaires obtiennent un retour sur investissement sans trop de contraintes. Le BRS n’est pas forcément la solution car elle fragilise un accédant avec des montages de longues durées souvent contrariés par les aléas de la vie… Tout en respectant le ZAN, l’UNPI Val de Loire est favorable à une densification douce de la ville de Tours, en favorisant les surélévations, les transformations de dents creuses, les restructurations d’immeubles et les divisions parcellaires de certains fonciers.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
C’est une très bonne proposition. Les immeubles de la reconstruction méritent d’être rénovés et parfois d’être surélevés, d’autant que la ville de Tours est une ville basse dont les réserve foncières sont très limitées. L’attractivité de notre ville passe aussi par un plan de rénovation de ses façades qui sont globalement sales et avec peu d’isolations par l’extérieur. Un tel programme répondrait aux exigences de la loi Climat et Résilience mais supposerait non seulement un assouplissement des règles urbanistiques (en secteur sauvegardé) mais aussi des aides plus significatives pour soutenir les financements de ces dépenses importantes. Pour autant, les propriétaires revendiquent plus de justice fiscale que des aides dont les obtentions s’avèrent difficiles et sélectives, MaPrimeRénov délivrée par l’ANAH en est la parfaite illustration.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
Cette proposition part d’un bon sentiment mais dans les faits s’avère coûteuse à mettre en œuvre et compliquée pour garantir une qualité de vie aux résidents, sauf à envisager la création d’un quartier à part entière (comme les 2 Lions). En effet, les bâtiments commerciaux ne permettent pas des transformations aisées en logements et toute reconstruction implique des pertes d’exploitation pour les commerces qui remettent en cause l’économie des opérations. Au surplus, il sera difficile de faire cohabiter des résidents avec des clients dans des zones commerciales où les parkings seront vite saturés les jours de forte affluence.
L’avis de L’UNPI Val de Loire
C’est une proposition de bon sens, d’autant qu’avec le vieillissement de la population la voiture est une mobilité nécessaire. Aussi, l’interdiction à la vente des véhicules thermiques en 2035 ne donne pas de sens à la suppression des places de stationnement pour cause environnementale. Le rejet des voitures dans le centre-ville pénalise au surplus les consommateurs pour les achats volumineux (même avec des parkings relais), ce qui donne la prime au commerce électronique où la livraison est souvent offerte et aux zones commerciales où le risque de verbalisation n’existe pas. Pour autant, l’UNPI prône la diversité des mobilités et privilégie celles qui sont propres, regrettant que les enjeux de mobilité, notamment autour du tramway et du vélo, prennent plus d’importance dans la campagne que ceux du logement qui constitue pourtant le premier poste de dépenses des Français.